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« Il s’est relevé morceau par morceau - La Résilience »

  • 19 mai
  • 8 min de lecture

Derrière la résilience, il y a une histoire qu’on ne voit pas.



 Nous 4, Un moment avant l’accident!

Famille de Thomas avant son accident de scooter
Nous!








Dans des moments de joie!


Pourtant, on était comme chaque famille, à vivre simplement, de bons jours et des mauvais parfois.

 

La vie, quoi…

 

Un soir de juillet, magnifique soirée, chaude, les vacances, festival d’été, le téléphone a sonné :

Et instantanément, tu sens que ta vie ne sera plus jamais la même.


Ce soir-là, notre fils Thomas venait d’avoir un grave accident de scooter.


En quelques secondes, notre famille venait de basculer dans un cauchemar dont personne ne ressort complètement pareil.

 

Je vous partage ici un gros moment de notre vie!


On parle souvent du moment où tout bascule.

Mais rarement de tout ce qui vient après…


Mon but de cet article : LA RÉSILIENCE, la capacité de se relever.


C’est un mot que je connaissais… mais est-ce que j’en avais déjà réellement compris le sens avant?

 

En toute franchise : NON


La résilience :

C’est la capacité d’une personne à traverser des épreuves, des chocs ou des périodes difficiles… puis à réussir malgré tout à se relever, se reconstruire et continuer d’avancer.

 

Est-ce assez beau ça? Ben oui…

 

Et voir quelqu’un qu’on aime entre la vie et la mort… puis assister à sa reconstruction humaine, je vous garantis qu’en émotions, même les mots sont difficiles à trouver.

 

Surtout quand c’est ton enfant. J’aurais payé 1 million pour être à sa place!

 

Comme j’ai partagé dans mon article précédent sur LE CHOC – LE TRAUMA 

 

Je vous partage ici plus en détail ce qu’on a vécu!

 

14 juillet 2019,

À 22 h 40, le téléphone sonne et notre vie bascule.


L’appel qu’aucun parent ne veut... Thomas a eu un accident de scooter et le policier au bout de la ligne nous dit de nous présenter à l’urgence de l’Enfant -Jésus.

 

Thomas est gravement blessé, on ne sait rien, on ne nous dit rien.


On finit par voir Thomas à l’urgence, environ 1h30 après être arrivé sur place. Il doit subir une opération au cerveau en urgence, car il est en hémorragie, ils doivent installer un drain pour éviter d’endommager le cerveau.

 

Et go ! On est déjà sorti de la salle en état de choc…

Ils partent avec lui et nous disent qu’après l’opération, on aura des nouvelles.

Il est à peu près 1h du matin.


Les deux policiers sont restés avec nous au moins 3h, on se sentait tellement démuni et seul.

Merci d’avoir été avec nous.🙏


Tu ne parles pas, tu essaies de ne pas tomber dans la peur… mais ton cerveau y va quand même.


Tu ne veux pas appeler personne, puisqu’on n’a rien à dire de plus et l’on ne veut pas inquiéter les gens autour de nous et l’on n’a surtout pas la force de rassurer des gens, on garde notre énergie.

 

Je vous garantis que ce fut ma nuit la plus longue et inquiétante de toute ma vie.


On a attendu toute la nuit à la porte de sortie de la salle d’opération. On a fini par le voir vers 8h00 - 8h30 le matin.


Le choc…


Intubé, sous respirateur artificiel, dans le coma, 2 fémurs cassés, genou égrainé, épaule gauche fracturée, drain au cerveau.


Son corps portait les marques de ce qu’il venait de traverser, son visage était gonflé, sa peau arrachée par endroits, sang séché, ecchymoses… OUFFF


On nous explique que le plus urgent avait été d’installer le drain au cerveau pour éviter les séquelles, que pour ses jambes, ils ont stabilisées pour le moment avec des orthèses et que l’opération serait dans une semaine environ.


J’ai fini par comprendre, par la suite, que l’opération allait dépendre si mon fils allait avoir des chances de survie.


Les médecins nous ont clairement expliqué qu’ils ne pouvaient aucunement se prononcer sur le cerveau, qu’ils en sauraient plus quand ils feraient un scan pour voir si son cerveau avait encore de l’activité cérébrale ou pas.


Je vous confirme que c’est assez ‘’TUFF’’ à entendre.


5 jours après, le fameux scan se fait :  on avait hâte d’avoir les résultats et de voir le médecin…


On nous explique que le cerveau de Thomas a de l’activité cérébrale, que de ce côté, ce n’est pas inquiétant, mais qu’ils n’ont aucune idée de la façon, donc Thomas peut se réveiller de ce coma.


Thomas a eu 4 chocs à la tête, donc ce qui est brisé est brisé. Les dommages faits au cerveau, ça ne se remplace pas ou ne s’achète pas à la pharmacie, malheureusement.


Le neurologue explique dans notre langage, ce qu’il voit présentement :


Qu’il y a un chemin qui relie le côté gauche au côté droit du cerveau, mais que, pour l’instant, ce chemin est tiraillé et qu’il ne peut prédire comment ça peut être à son réveil, que pour le moment, c’est comme si la transmission du traitement des informations qui se transmettent de gauche à droite est parsemée.


Donc, dans ses mots :

Quand on va à Montréal, on prend la 20 et l’on roule 115 km/h, on pourrait utiliser la 138 et rouler plus lentement et il y a aussi la route de campagne qui sera beaucoup plus longue et plus ardue pour se rendre.


Alors, Thomas, présentement, est sur la route de campagne.


Et il ajoute : « Ce n’est pas une mauvaise nouvelle, mais ce n’est pas la meilleure non plus. »

Ça pourrait être vraiment pire, et l’on va voir l’évolution.

Le fait d’être jeune aussi aide énormément.


Dans ces 14 jours de coma, Thomas a subi l’opération à ses jambes, a fait une embolie pulmonaire et a fait peur à ses parents…


Au 15e jour, ils ont enlevé le respirateur, c’était une super nouvelle d’apprendre qu’il pouvait maintenant respirer seul.


Pour manger, c’était autre chose…


Les médecins ont dû laisser le petit tube dans son nez qui le nourrissait, il était encore trop comateux, mais commençait à ressentir et bouger assez, qu’il devait être attaché au lit pour ne pas arracher son tube!


Pas évident...


Pendant qu’il était dans le coma, les infirmiers(ères) nous disaient toujours : aller vous reposer, puisque quand il se réveillera, vous allez voir que ça va vous demander.


On se faisait expliquer que le réveil d’un coma, ce n’est pas comme dans les films, la personne ne dit pas bonjour et jase un peu et la vie reprend…


Eh bien, croyez-moi, on a bien compris ce qu’on nous disait à partir de la 15e journée ! 🤭


Ensuite sont venus 45 longs jours de post-coma =

C’est la période où le cerveau tente tranquillement de se reconnecter au monde.


45 jours avec mon fils, comme là… mais pas là.


C’est difficile, s’il vous plaît. De plus, personne ne pouvait nous dire comment il allait se remettre de tout cela. On ne savait pas s’il allait se souvenir de tout, de l’écriture, de la parole, s’il allait avoir de la mémoire, etc.


Ces 45 jours furent vraiment difficiles, vraiment. Pauvre petit…


Il était si mêlé, tu as beau expliquer ce qui s’est passé, c’est une histoire qui recommence en boucle, il se demande ce qu’il fait là, ce qui lui est arrivé.  Il peut être heureux, comme plus agressif par moment,


C’est difficile comme moment.

Essayez de faire comprendre à quelqu'un qu'il est à l'hôpital, en fauteuil roulant, qui est incapable de se lever de son lit et qu'on nourrit.


Au fil des jours, on enlève son tube et on lui donne à manger à la cuillère, comme un bébé. Ce sont les bains, les couches, il est même incapable de se tenir assis.

Donc encore moins se tenir debout.


Voir son fils se faire sortir du lit dans un lève personne et qu’il est mou comme une guenille, amaigri (40 livres en moins) je vous jure que c’est un cauchemar, c’est une image très difficile pour moi.


Quand je dis qu’il a réappris, et bien c’est vraiment réappris…


Manger, s’assoir, marcher, tout ce qui concerne la dextérité fine, comme écrire, tenir quoi que ce soit dans ses mains, ses doigts…


Et ne pas oublier qu’il est toujours mêlé, et qu’on est au courant que son cerveau à quelque chose, mais à quel point, NON.


Un mois après l’accident, il parle, lentement, mais est capable… et tout son corps bouge et il veut bouger, veut sortir du lit, mais c’est impossible.


On a fini par entrer au IRDPQ à l’interne pour 2 mois intensifs.


Réadaptation totale.


Moments difficiles, mais combien on voit le progrès… c’est fou.


Des êtres extraordinaires qui travaillent avec des jeunes à se reconstruire.


Oui, c’était difficile, mais en même temps, le voir travailler en physiothérapie ou à la piscine pour réapprendre à marcher… Wow, vraiment !


Après 3 ou 4 semaines au IRDPQ, on a eu droit de l’amener à la maison pour un week-end, il ne faut pas oublier qu’il est encore en post-coma, il n’est pas encore sorti de tout ce coma, il faut donc encore répéter… Il ne comprend pas encore…


On a préparé la maison, rampe pour entrer dans la maison avec le fauteuil roulant, banc pour la douche, toilette portative…


Alors, pour les nuits, moi et Martin, on se séparait les moments à dormir avec lui dans sa chambre, vers 1h du matin, on mettait un réveil pour le lever et le mettre sur la toilette portative, il était complètement inconscient et mêlé à cause des doses de médicaments et encore en post-coma.  

N’oubliez pas qu’il ne se tient même pas debout! 


Je l’écris et là, j’en ris !


Mais je vous garantis qu’à ce moment-là de nos vies, tu te dis vraiment :

Ben voyons qu’est-ce qu’on vit là!


On nous a informés que deux options seraient envisageables pour la ramener chez nous.


Premier :  il fait une crise de panique et se demande vraiment ce qui se passe, puisque la maison peut vraiment éveiller des souvenirs et si ça arrivait, on devait revenir rapidement au IRDPQ.


Deuxième : la maison va le ramener à la réalité, ce qui veut dire sortir de son post-coma et c’est ce qui est arrivé !!


Je vais toujours me souvenir de ça, on était nous 4 et les deux grands-mères, dans l’auvent à la maison. 


Thomas m’a regardé et a dit :   

Maman, est-ce que je suis dans un rêve ou la réalité?

 

Il se rappelle encore ce moment!


C’est même lui qui me les a répétés mot à mot, pour écrire cette publication!


Ce fut un moment très particulier et très émouvant.


Il était d’un calme...


Ce fut vraiment particulier comme situation.


Mon Ti-Mec venait de revenir à la réalité, mais rendu en septembre au lieu de juillet, revenant du festival d’été pour lui!


Alors, le nouveau Tom a refait surface à ce moment précis et un nouveau lui s’est mis en branle, travaillé fort = RÉSILIENCE


Le 9 octobre 2019, jour de sa fête, en plus, c’était la sortie officielle du IRDPQ ! On pouvait enfin aller à la maison !

Thomas au IRDPQ, c'est le jour officiel du retour à la maison
Jour officiel pour le retour à la maison!

De toute beauté, c’est vraiment inspirant de voir quelqu’un se reconstruire comme ça.

En plus c’est mon fils. 💪

 

Parfois, quand la vie est plus difficile, je pense à lui, il me motive énormément.

 

Moi qui adorais vivre au jour le jour déjà avant…

Alors, imaginez maintenant.😊

 

Petit moment que je vous partage aussi:

Juste avant son départ pour la soirée, il est venu me dire: salut, bonne soirée, maman!


Je me rappelle l'avoir regardé et il m'a dit: qu'est-ce qu'il y a maman?

J'ai répondu : Rien.


Comme si, sans le savoir, je le regardais et lui souriais tout doucement, une belle soirée, soit prudent et un je t'aime!


Quand je repense à ce moment, j'ai les yeux pleins d'eau, parce qu’on tient parfois pour acquis qu'on va se revoir à la fin de la journée…


Mais la vie en fait parfois autrement!


Alors, remercions et apprécions chaque petit moment avec les êtres qu'on aime.

 

Thomas vit aujourd'hui avec un traumatisme crânien sévère, un handicap invisible que peu de gens connaissent.


Mon prochain article : vivre avec un TCC, je vous raconterais quelques anecdotes! 🤭


De voir mon fils aujourd'hui, me donne une force, une énergie à me garder en forme, à foncer dans la vie, à profiter et à travailler sur moi…


On a tous changé évidemment et tellement tous grandi.

 

Donc oui, la vie est raide parfois, mais il y a toujours un côté à voir de tout évènement que la vie met sur notre chemin.

 

Je vais l’appeler encore une fois : RÉSILIENCE

 

On a tous appris ce mot et tous appris à travailler cette force en nous.

 

Et vous, quelle est votre situation de résilience?

 

 

Gratitude à la vie

Signé KM – Karine 🍀

 

1 commentaire

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Invité
03 juin
Noté 5 étoiles sur 5.

j’ai pleuré en lisant ton texte qui explique très bien ce traumatisme invisible que peu de gens comprennent et la résilience dont Thomas faire preuve nous donnent de grandes leçons de courage ….c’est mon beau mec et j’ai beaucoup de respect pour lui si jeune et si mature en même

je suis très chanceuse de l’avoir dans ma vie ❤️


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